C'était
le temps où Lyon traboulait...
Les cicatrices de la guerre n'étaient pas encore refermées,
et on s'efforçait d'oublier celle qui se poursuivait
là-bas, en Indochine. Toujours des blessures à
panser et des lendemains à reconstruire...
Un temps si lointain, si proche : il n'y avait pas encore
le métro ni le beaujolais nouveau, mais le trolley
et le concours du «meilleur pot». Et il y avait
déjà «Le Progrès» et ses
photographes, reporters de l'instantané qui dans leur
traversée quotidienne de la ville, au fil des saisons,
reconnaissaient l'inattendu et savouraient l'immuable.
Au rythme de la respiration urbaine, ils partageaient les
plaisirs et les joies des habitants, des passants anonymes
et des visiteurs de marque. Ils savaient, d'un coup d'oeil,
capter les signes et les témoins de l'art de vivre
à la lyonnaise.
Et ces clins d'oeil étaient aussi, souvent, des clins
d'art...